3e dimanche de carême – 2015 - Mc 8, 34-9, 1

« Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix et qu’il me suive » dit Jésus. Suivre le Christ, c’est aller vers Dieu. La croix est donc le chemin.
Pourtant, Jésus n’est pas venu sur terre simplement pour y mourir et puis ressusciter. Il est venu, d’abord, pour rétablir la relation brisée entre Dieu et l’homme, entre l’homme et Dieu. Et pour cela, il fallait rendre la grâce de Dieu à nouveau accessible à l’homme. Le prophète Ezéchiel proclamait : « Je vous donnerai un cœur nouveau, et je mettrai en vous un esprit nouveau; j'ôterai de votre corps le cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair ». Qui peut faire cela, sinon Dieu seul. Et comment le faire, sinon par l’incarnation de son Fils ?
« Car vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, qui pour vous s'est fait pauvre, de riche qu'il était, afin que par sa pauvreté vous soyez enrichis » écrit saint Paul aux Corinthiens. Le chemin vers Dieu est un chemin d’humilité, c’est le chemin qu’a tracé le Christ, lui-même.
Cette humilité, nous l’avons vécue et célébrée dans la tendresse autour de la grotte de Noël, nous allons la vivre et la commémorer dans la douleur sur le Golgotha, au pied de la croix, signe de l’humilité totale, signe de l’amour infini.
Mais que sommes-nous pour nous-mêmes ? Notre réponse à cette question ne pourrait sans doute qu’être égoïste. Et que sommes-nous pour les autres ? Ici, en répondant, nous risquons vite d’être fort orgueilleux. Pourtant, nous sommes appelés à vivre de la vie de Dieu. Pour autant que nous soyons prêts à cesser de regarder notre nombril pour nous ouvrir les yeux et surtout le cœur à la lumière de Dieu, à son propre témoignage.
La vraie réalisation de soi est dans l’offrande, le don de soi, le don de notre vie à Dieu, dans une attitude de louange et un amour du prochain comme un don gratuit.
Jésus n’est pas venu sur terre simplement pour y mourir et puis ressusciter. Il y a d’abord vécu. Et si la mort de Jésus prend tout son sens dans sa résurrection, elle le trouve aussi dans sa vie, dans ce message, cette Bonne Nouvelle qu’il a annoncée.
« Jésus a fait, en présence de ses disciples, beaucoup de miracles, afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant vous ayez la vie éternelle en son nom » écrit saint Jean à la fin de son évangile. Les miracles sont les signes. Les disciples sont les témoins. Plus encore, ils sont ce grain planté en terre et qui va germer pour donner une nature nouvelle. C’est pourquoi nous proclamons dans le Crédo que nous croyons en une église « apostolique ».

Jésus a fait des miracles. Il a surtout enseigné. D’une manière que l’on dirait publique, quand il parlait aux foules, d’une manière plus intime, plus profonde peut-être, quand il s’adressait à ses disciples et singulièrement aux douze.

Les miracles mis à part – quoi que …  – c’est le rôle qui nous revient aujourd’hui. À nous personnellement, mais surtout à nous en Église, par la prédication, le témoignage et la présence.

La prédication : il s’agit, non pas d’interpréter la Parole du Christ, mais de trouver des paroles qui parlent au monde dans lequel nous vivons ; non pas d’utiliser des techniques de communication qui soient modernes, mais de pouvoir nous adresser au cœur, faire vibrer l’âme, donner une lueur d’espoir dans un monde en mal de vivre.
Le témoignage : est-il plus grand que celui qu’a donné le Christ. « On verra que vous êtes mes disciples, si vous vous aimez les uns les autres » disait Jésus qui ajoutait : « aimez vos ennemis ». c’est, mus de cet amour qui parfois nous dépasse, que nous pouvons rencontrer les problèmes existentiels des gens de notre époque, c’est notre seule réponse, elle est essentielle, elle peut être créatrice.

La présence : il ne s’agit pas de manifester, de publier des communiqués de presse : nos armes – si on peut utiliser ce mot – ce sont la prière et les sacrements. Notre foi n’est pas une idéologie mais une vie en Christ qui doit nourrir le monde comme le Christ lui-même l’a revivifié.

Aussi, comme l’écrivait saint Paul aux Hébreux : « tenons ferme la profession de notre foi ».



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