Annonciation – Mardi Saint - 2015

« Aujourd’hui c’est l’aurore de notre salut, où se manifeste le mystère éternel : le Fils de Dieu devient fils de la Vierge et Gabriel annonce cette grâce » ; le tropaire de la fête de l’Annonciation  le dit bien : aujourd’hui, tout commence, Celui qui va venir pour notre salut est annoncé : le Christ notre Dieu va s’incarner en cette vierge pour nous porter la Bonne Nouvelle et – comme nous le chanterons bientôt – par sa mort, triompher de la mort et nous donner la Vie.
Le passage de l’évangile de Luc que nous avons lu en premier évoque ce moment primordial où l’archange vient annoncer à Marie qu’elle enfantera le Fils de Dieu, mais surtout, rapporte cette réponse de la Vierge : « qu’il me soit fait selon ta parole ».
Ce jour, cette date de notre calendrier, est aussi Mardi Saint et le passage de l’évangile de Matthieu que nous avons entendu évoque, lui, la fin, la venue du Royaume, le retour en gloire du Fils de l’Homme ; un jour et une heure que nous ne connaissons pas, un moment qui nous prendra par surprise, comme ces hommes qui « ne surent rien jusqu’à ce que survint le déluge qui les emporta tous ».
Un chant marque ces trois premières journées de la Semaine Sainte, c’est le cantique de l’époux. Il résume bien le message qui nous est donné avec insistance dans l’évangile du jour : « Voici venir l’Époux au milieu de la nuit. Bienheureux le serviteur qu’Il trouvera vigilant. Indigne est celui qu’Il trouvera assoupi. Ô mon âme, garde-toi de t’abandonner au sommeil, de peur d’être livrée à la mort et bannie du Royaume. Mais réveille-toi en clamant : Saint, Saint, Saint es-Tu, Ô notre Dieu ! Par la Vierge et Mère de Dieu, aie pitié de nous ».
Soyons donc prêts, soyons donc vigilants. Comme le serviteur qui gère la maison en l’absence du maître et qui se garde bien de maltraiter ses compagnons, de s’adonner au vin et aux ripailles. Comme ces vierges qui, non seulement vont veiller en attendant l’époux, mais auront eu la prévoyance d’apporter de l’huile pour garder leurs lampes allumées. Comme ces serviteurs qui font fructifier les talents que le maître leur a confiés. Comme ceux qui auront eu le souci des autres et s’entendront dire : « Venez, les bénis de mon Père, recevez en partage le Royaume qui a été préparé pour vous depuis la fondation du monde. Car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger et vous m’avez accueilli ; nu, et vous m’avez vêtu ; malade, et vous m’avez visité ; en prison, et vous êtes venus à moi. »
Quant aux dernières phrases de ce passage de l’évangile de Matthieu que nous avons lu en ce Mardi Saint, elles annoncent les événements que nous allons vivre dans les tout prochains jours : « le Fils de l’homme sera livré pour être crucifié ».
Ainsi, tout est dit.
Jésus est né de Marie, une fois pour toutes. Mais aujourd’hui, c’est nous qui devons accueillir le Christ en nous, porter sa Parole comme Marie a porté son enfant. Il nous revient d’être en quelque sorte « christophores », c’est-à-dire porteurs de Christ, que le Christ vive en nous et que nous vivions de Lui.
Marie a accueilli la parole de l’ange comme nous devons accueillir la grâce qui nous est donnée : dans la foi et la confiance. Et, comme c’est l’Esprit Saint qui a recouvert Marie de son ombre, cette grâce qui nous est donnée, c’est ce même Esprit sans lequel toute parole serait vaine, tout effort serait dérisoire.
Mais que ferons-nous de ce don ? Que ferons-nous de cette grâce ? L’enfouir comme celui qui a mis en terre le talent qu’il avait reçu ? La délaisser comme ces vierges qui sont parties sans huile pour attendre l’époux ? Le dilapider comme ce serviteur qui se serait laissé aller à la violence et la débauche ? Serons-nous ceux qui n’auront pas donné à manger à celui qui avait faim, pas donné à boire à celui qui avait soif ? Nous dira-t-on encore : « j’étais un étranger et vous ne m’avez pas recueilli ; nu, et vous ne m’avez pas vêtu ; malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité » ?
Aujourd’hui, la lumière de l’Annonciation éclaire ces jours annonciateurs de la passion du Christ, qu’elle éclaire aussi notre cœur, notre chemin, jusqu’à la lumière indicible de Pâques et de la résurrection, comme la parole du Christ éclaire notre vie. Et que nous soyons, à notre tour, porteurs de cette lumière, qu’elle éclaire le monde qui en a tant besoin.



Site web réalisé par Arnaud Simonis