4e dimanche de Pâques – 2015 – Du paralytique - Jn 5, 1-15

Il y a, dans les évangiles, deux récits de guérisons de paralytiques. L’un chez Marc – nous l’avons lu le deuxième dimanche de carême – et l’autre, que nous venons d’entendre, tiré de l’évangile de Jean. Le premier se passe à Capharnaüm, le second à Jérusalem, à la piscine de Bethesda.
À Capharnaüm, rappelez-vous, l’infirme était porté par quatre hommes qui voulaient absolument amener leur ami devant Jésus, mais il y avait foule, impossible de l’approcher. Alors, ils ont démonté le toit et ont descendu la civière. Et l’évangéliste nous dit que « voyant leur foi », Jésus guérit le paralytique.
Par contre, à Bethesda, l’homme est seul : « Je n’ai personne pour me plonger dans la piscine quand l’eau se met à bouillonner » dit-il à Jésus qui vient de lui demander : « Veux-tu guérir ? » Et sans attendre d’autre réponse, Jésus guérit le paralytique.
Les hommes de Capharnaüm connaissaient Jésus, en tout cas, ils en avaient entendu parler, peut-être pas de ce qu’il était mais de ce qu’il faisait, ils avaient confiance, ils pensaient qu’il pourrait aussi faire pour leur ami un miracle. Ils vont donc vers Jésus.
L’homme de Bethesda, lui, ne sait pas qui l’aborde, il ne saura pas, dans un premier temps qui l’a délivré de son mal. C’est Jésus qui va vers lui. Il faudra une deuxième rencontre pour qu’il aille annoncer aux Juifs que c’était Jésus qui l’avait guéri.
La rencontre avec Jésus a changé fondamentalement la vie de ces deux malheureux. Une rencontre, on l’a vu, dans des circonstances bien différentes : parfois c’est le désir, la volonté même de l’approcher qui provoque cette rencontre, parfois, c’est Jésus lui-même qui va vers quelqu’un.
Il peut en être de même dans notre propre vie. Le désir de voir Jésus, nous l’avons évoqué en parlant de Zachée, rappelez-vous, cet homme important qui prend le risque du ridicule en montant sur un sycomore et à qui Jésus dira : descends, car je vais demeurer aujourd’hui chez toi. Et on connaît la suite.
La suite qui, pourtant n’est pas toujours aussi évidente. Si Zachée est sauvé parce qu’il se repend de ses malversations, s’il découvre le salut par la charité, il est des rencontres qui sont des échecs. Pensez à ce jeune homme riche qui vient trouver Jésus pour lui demander ce qu’il doit faire pour avoir la vie éternelle et qui s’en retourne tout triste « car il avait de grands biens ».
Jésus nous laisse toujours libres. Au paralytique de Bethesda, il demande : « veux-tu guérir » autrement dit : veux-tu que je fasse quelque chose pour toi et l’homme lui répond en parlant de son impuissance, qu’importe, Jésus est là ! Aux hommes de Capharnaüm, il répond à leur propre initiative, à leur acte de foi.
Les guérisons rapportées dans les évangiles – outre d’être des miracles qui montrent la puissance du Christ, des signes mêmes de la venue du Royaume de Dieu, de la primauté du Christ sur le sabbat, si souvent évoquée, donc sur la Loi – les guérisons rapportées dans les évangiles ont aussi quelque chose de symbolique… pour nous.
Jésus guérit des sourds, comme nous pouvons être sourds à ses appels, à sa parole d’amour et de charité. Jésus guérit des muets, comme nous pouvons être incapables de témoigner, d’annoncer sa parole, par peur, par frilosité … Jésus guérit des paralytiques comme nous pouvons être incapables de le suivre, de vivre en hommes debout, en hommes ressuscités.
La guérison de Bethesda a aussi, pour nous, un sens symbolique supplémentaire : la piscine, l’eau. Mais l’eau qui nous sauve n’est plus celle qu’un ange ferait bouillonner par moments, c’est l’eau du baptême. Baptême dans l’eau, mais aussi, comme nous le rappelait dimanche dernier la mémoire que nous faisions de Nicodème, baptême dans l’Esprit Saint.
Car aujourd’hui, Jésus n’est plus là, dans son corps de chair, pour venir vers nous ou pour nous accueillir si nous voulons aller vers Lui. Mais il est là, présent dans l’eucharistie, le pain et le vin, son corps et son sang, offert à chaque liturgie et que nous dédaignons si souvent. Il est là présent dans sa Parole, cette Bonne Nouvelle proclamée par l’Évangile et que nous écoutons d’une manière si souvent distraite, par habitude. Il est là dans son Église, que nous considérons si souvent comme une institution bonne à satisfaire nos besoins religieux.
Lève-toi et marche. C’est à nous que l’injonction s’adresse aujourd’hui et tout particulièrement en cette période de Pâques. Afin que nous ayons la force, le courage, la volonté mais aussi la joie de proclamer : Christ est ressuscité !



Site web réalisé par Arnaud Simonis