Mi-pentecôte – 2015 - Jn 7, 14-30

A Banneux

« Voici la moitié des jours commençant avec la Résurrection du Sauveur et par la fête de Pentecôte s’achevant, entre les deux faisant le joint, s’éclairant de leur double clarté et se glorifiant de précéder l’Ascension du Seigneur ». Le premier stichère du lucernaire des vêpres d’hier soir résume bien le sens de la fête que nous célébrons.

Une fête qui est rapidement tombée en désuétude en Occident, et qui est restée une fête mineure dans le calendrier des Eglises d’Orient, mais, c’est vrai, rarement célébrée en paroisse.
Les disciples contemporains de Jésus vivent un temps tout particulier : Jésus n’est plus là parmi eux, il n’est plus au tombeau et il ne cesse de leur apparaître. C’est un temps d’attente, comme un temps de préparation, comme si le Christ voulait habituer à une présence autre, mais une présence réelle.
Pour nous, bien sûr, c’est un temps entre deux fêtes : Pâques et la Résurrection, la Pentecôte et le don de l’Esprit. Mais les lectures de l’évangile qui nous sont proposées ramènent au temps de la vie de Jésus, au temps de l’incarnation.
C’est la période de l’année liturgique durant laquelle on lit, jour après jour, l’Évangile selon saint Jean. Hier, nous étions avec Jésus et ses disciples en Galilée. Il ne pouvait pas venir en Judée, nous dit l’évangéliste, parce que les Juifs cherchaient à le tuer. Il envoie donc ses frères à la fête mais, un peu plus tard, il les rejoint en secret. Et « au milieu de la fête, Jésus monta au Temple et se mit à enseigner ». La suite, on vient de l’entendre. Avec cette question  de ses auditeurs : « Comment connaît-il les Écritures, sans avoir étudié ? » à quoi le dernier stichère des apostiches des vêpres répond « ils ignoraient que tu es la Sagesse créatrice du monde ».
Mais l’hymnographie de la mi-pentecôte s’attarde, elle, sur un autre passage de l’évangile – quelques versets plus loin – « Le dernier jour, le grand jour de la fête, Jésus, se tenant debout, s'écria: Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi, et qu'il boive. Celui qui croit en moi, des fleuves d'eau vive couleront de son sein, comme dit l'Ecriture. Il dit cela de l'Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui; car l'Esprit n'était pas encore, parce que Jésus n'avait pas encore été glorifié. »
Dimanche prochain, nous célèbrerons le dimanche de la Samaritaine et cette rencontre au cours de laquelle Jésus se présente comme le Messie et promet l’Eau vive du salut.
Ainsi, la fête prend un sens tout particulier pour nous ici à Banneux. En effet, lors d’une de ses apparitions, la Vierge a conduit l’enfant  à une source et lui dit : « cette source est réservée pour toutes les Nations ... pour soulager les malades ». Aujourd’hui, on voit dans cette source le Fils de Marie, le fils de Dieu, le Christ lui-même. C’est ce que représente l’icône de la Vierges pauvres : le Christ dans son image la plus humble, celle de la croix.
Dans les paroisses ou les monastères où on célèbre la mi-pentecôte, on fait la bénédiction des eaux. Ici, cela n’aurait pas beaucoup de sens. Par contre, nous irons – dès la fin de la liturgie – en procession vers la source pour y recevoir la bénédiction.
Mais, terminons avec cet autre stichère de lucernaire : « Arrivés à mi-chemin entre ta résurrection, ô Christ, et la venue de ton Saint Esprit, ensemble nous chantons les prodiges merveilleux dont le mystère nous fut révélé, et pleins de crainte nous te supplions, envoie sur nous la grâce du salut ! »



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