Dimanche de la Samaritaine – 2015 6 Jn 4, 5-42

À la femme qui s’approchait du puits, Jésus demande : « Donne-moi à boire ». Curieuse question pour celui qui, au milieu des docteurs disait : « Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi, et qu'il boive ». Curieuse question venant d’un Dieu, curieuse affirmation venant d’un homme. En ces deux phrases, se retrouvent donc le dieu-homme qu’est le Christ, ces deux natures en Jésus-Christ de notre profession de foi.
La première demande s’adresse à la Samaritaine. Il fait chaud, Jésus a marché beaucoup. Quoi de plus naturel que de ressentir la soif ? Mais la démarche de Jésus va bien plus loin que de quémander un verre d’eau pour se désaltérer : il aborde la femme dans son quotidien, dans le geste même qu’elle est en train de faire : puiser de l’eau, il se met, en quelque sorte, dans la même situation qu’elle. Mais c’est pour, rapidement, l’emmener vers une vérité qui, bien sûr la dépasse, mais qui sera une première révélation : « Quiconque boit de cette eau aura encore soif, mais qui boira l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif ».
« Il dit cela de l'Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui » précise ailleurs l’évangéliste Jean.
« Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi, et qu'il boive ».
Ah ! Si le mauvais riche avait écouté cette parole, il ne serait pas là, dans les feux de l’enfer à envier le pauvre Lazare et à demander : « Père Abraham, aie pitié de moi, et envoie Lazare, afin qu’il puisse tremper dans l’eau le bout de son doigt, et rafraîchisse ma langue : car je suis tourmenté dans cette flamme ». Oui, Jésus est aussi celui qui peut nous éviter ces ultimes tourments.
Mais Jésus a soif, sur « cette terre que Jacob avait donnée à son fils Joseph » près de la ville de Sichar, Jésus a soif sur la croix. Une soif d’homme comme peuvent la ressentir tous les suppliciés mais aussi la soif d’un Dieu.
Pour saint Augustin, lorsque JÉSUS crie " j'ai soif " cela veut dire : « j'ai soif de tes bonnes œuvres que tu changes ton cœur, que tu changes de vie, que tu orientes ta vie dans la volonté du Seigneur, en recevant l'Évangile, comme une bonne nouvelle de Vie éternelle. » Jésus a « soif de notre soif » disait plutôt saint Grégoire de Naziance, de notre soif de vérité, de notre soif de justice, de notre soif d’amour.
Mais sur la croix, tout ce qu’on lui donne, c’est du vinaigre. Comme nous pourrions, nous aussi, lui donner seulement le fiel de nos mauvaises actions, de notre maque de charité, de notre égoïsme …
Pour lui donner à boire, la Samaritaine doit puiser de l’eau, et le puits est profond. Oui, ce n’est pas toujours facile, il faut parfois faire de réels efforts : aller jusqu’au puits, sous la chaleur, dans la solitude, et puiser …
Mais lorsqu’elle s’en retourne à la ville pour porter son témoignage, la Samaritaine laisse-là sa cruche, comme un symbole : elle a plus besoin de cet objet qui lui aurait servi à puiser l’eau : elle a trouvé celui qui allait lui donner de l’Eau vive.
Sans eau, il n’y aurait pas de vie sur terre. Sans cette Eau vive – cet Esprit Saint qui sera donné à la Pentecôte – il n’y aurait pas de vie spirituelle. Mais cette Eau vive ne peut nous être donnée que si nous avons soif, si nous avons soif de Dieu, de sa Parole et de son amour.
Une parole qui s’est incarnée, un amour fou qui est allé jusqu’au don de son propre et unique Fils. Mais un Fils qui, s’il est mort sur la croix est aussi ressuscité d’entre les morts et il nous a ressuscités avec Lui en nous faisant participant de la Vie éternelle. Jésus est celui qui a comblé l’abîme qui séparait le riche du pauvre Lazare. C’est ce que nous proclamons en chantant qu’Il est descendu aux enfers pour en délivrer Adam.
À nous aujourd’hui de partager cette Eau vive, de témoigner de cette Parole et de vivre jour après jour, dans les plus petits détails de notre vie, cette force de la résurrection et de proclamer sans cesse : Christ est ressuscité !



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