Dimanche des saints Pères – 2015 - Jn 17, 1-13 – Mt 5, 14-19

Saints Cyrille et Méthode apôtres des slaves

Jésus parle à son Père. Il parle de Lui, il parle des hommes : « Je ne suis plus dans le monde, mais ils vont rester dans le monde » à ses disciples et à ceux qui vont les suivre, il dit « vous êtes la lumière du monde ».
Nous sommes – dans l’année liturgique – à un moment charnière : nous venons de célébrer l’Ascension et nous nous préparerons à la Pentecôte, à la venue de l’Esprit par lequel nous, les hommes, nous pourrons continuer l’œuvre de Dieu, nous pourrons vivre en Christ et le Christ en nous.
Ce dimanche – coïncidence du calendrier – nous célébrons également les saints Cyrille et Méthode, ceux que l’on dit égaux aux apôtres et qu’on appelle apôtre des slaves.
C’est comme une image de cette continuation : le Christ a apporté au monde la Parole, les apôtres l’ont, comme on le dit, annoncée jusqu’aux confins de la terre puis des moines, des missionnaires, ont porté l’Évangile bien au-delà des frontières du monde romain. Jusqu’aux plus lointains ancêtres de ceux d’entre nous qui viennent ou qui sont venus de ces contrées que l’on dit de l’Europe de l’Est, qui sont venus jusqu’à nous, nous ramenant ainsi une foi orthodoxe, une spiritualité qui, aujourd’hui, peut éclairer ces pays où nous vivons.
Je ne suis plus dans le monde dit Jésus. Pourtant, n’a-t-il pas dit à ses disciples – donc à nous aussi – « et voici que je suis avec vous tous les jours » ? Oui, le Christ est présent. Présent dans le pain et le vin du mystère de l’eucharistie mais surtout – si nous Lui avons ouvert notre cœur et confié notre âme – présent en nous.
Mais s’il est présent en nous, ce n’est pas pour notre petit confort spirituel, c’est pour faire de nous des témoins, des hommes et des femmes qui témoignent de sa Parole.
Le temps de l’Incarnation est terminé. Il a connu une fin dramatique par la crucifixion mais une issue glorieuse et donatrice de vie par la Résurrection, un aboutissement par l’Ascension et la place du Christ à la droite du Père avant son retour en gloire à la fin des temps.
De tout cela, nous faisons mémoire dans la célébration de la Divine Liturgie. Juste après la consécration et avant de prier pour demander la descente de l’Esprit Saint sur les dons et sur tous ceux qui sont rassemblés en Église, le prêtre dit : « Commémorant […] tout ce qui a été fait pour nous: la Croix, le Tombeau, la Résurrection au troisième jour, l’Ascension au ciel, le Siège à la droite, le second et glorieux Nouvel Avènement » puis, il élève le calice et le discos en clamant : « Ce qui est à Toi, le tenant de Toi, nous Te l’offrons en tout et pour tout ».
C’est qu’il ne faut jamais oublier que ce que nous avons, ce que nous sommes, tout nous vient de Dieu, tout nous a été donné par Lui, à commencer par notre vie, et qu’il nous revient, à nous, aujourd’hui de Lui offrir tout cela.
On dira : de se mettre à son service. L’expression est peut-être un peu malheureuse parce qu’elle évoque une sorte de soumission, comme si on pouvait passer un contrat de travail avec Dieu.
On dira : de suivre ses commandements. Certes, mais sans être servile ou soumis comme pouvait l’être un esclave à son maître : le Seigneur a besoin de nous en hommes et en femmes libres, vivant précisément de cette grande liberté des enfants de Dieu : ceux qui sont vraiment inspirés par l’amour, qui vivent de l’Esprit Saint, ceux-là peuvent faire tout ce qu’ils veulent : ce ne sera que bien !
On dira : d’assurer son salut (sous-entendu : éviter l’enfer et les tourments éternels). Oui, bien sûr. Mais la peur n’a jamais engendré une vraie attitude chrétienne, n’a jamais inspiré une vie de vraie charité.
Comme nous participons déjà au Royaume dans l’eucharistie de la Divine Liturgie, nous participons déjà au salut qui est annoncé dans la vie éternelle et nous pouvons ainsi vivre dans la réalisation de cette prière de Jésus à son Père : « qu’ils aient la plénitude de ma joie ». Oui, que nous ayons la plénitude de sa joie.



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