Lundi de Pentecôte – 2015 - Eph 5, 8-19 – Mt 18, 10-20

À Banneux

« Le fruit de l’Esprit, c’est tout ce qui est bonté, justice et vérité » écrit saint Paul aux Éphésiens. Le lundi de Pentecôte, c’est le jour de l’Esprit Saint. Nous l’appelons « roi céleste, consolateur, esprit de vérité, trésor de bien et donateur de vie » nous disons qu’il « est partout présent et qu’il emplit tout ». Il est tout simplement l’Esprit, l’Esprit de Dieu. Et dans une autre lettre, aux Galates cette fois, saint Paul en détaille le fruit : « amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, douceur, maîtrise de soi ».
Hier, nous avons célébré ce moment unique du don de l’Esprit aux apôtres. Un moment unique comme s’il était donné une fois pour toutes, mais donné à tous et en tout temps. Ce temps inauguré par la Pentecôte, ce temps de l’Esprit, ce temps de l’Église, notre temps.
Car l’Esprit nous a été donné, à chacun en particulier, lors de notre baptême : nous avons été marqués du sceau du don de l’Esprit Saint. Il nous a été donné comme une de ces graines que le semeur jette à la volée et qui tombe sur le chemin, sur le roc, dans les ronces ou la bonne terre. Ainsi en est-il de notre cœur.
« Un seul et même Esprit opère toutes ces choses, les distribuant à chacun en particulier comme il veut » écrit encore saint Paul dans sa première lettre aux Corinthiens. Oui, comme il est dit par ailleurs, l’Esprit souffle où il veut et comme il veut. Mais il nous appartient – pour reprendre l’image du semeur – il nous appartient de faire croître cette semence, de cultiver cette graine d’amour qui a été mise en nous.
Lorsqu’il crée l’homme avec du limon, Dieu souffle sur lui pour lui donner la vie. C’est, dans la vie de l’homme, le premier souffle de l’Esprit. Il n’a pas empêché Adam de manger du fruit défendu, de vouloir être comme un dieu. Si nous fermons les volets, le soleil ne pourra pas entrer dans la maison ; si nous fermons notre cœur, l’Esprit ne pourra y faire sa demeure.
Mais si l’Esprit nous est donné, ce n’est pas pour notre sanctification personnelle. L’Esprit Saint nous fait entrer en communion avec Dieu, il nous fait vivre de son amour. Et on ne peut pas s’aimer tout seul. « Si deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux » dit Jésus.
Deux ou trois. Ou plus, bien sûr. Cela s’appelle l’Église. Et l’Esprit nous ouvre ainsi les portes de la vraie Église : non pas d’une institution, non pas d’une obédience, mais de la seule et vraie Église qu’est la vie en Christ par l’Esprit Saint.
Nous allons entrer dans ce que certains appellent d’un point de vue liturgique le « temps ordinaire ». Il n’est pas si ordinaire que ça : il est marqué du sceau de la Pentecôte. À partir de dimanche prochain, tous les dimanches jusqu’au prochain Grand Carême seront numérotés dans notre calendrier Xe dimanche après la Pentecôte. Alors, tout compte fait, se dire que notre temps ordinaire est vécu dans le souffle de l’Esprit, c’est une belle perspective, non ?
Mais « nous vivons des jours mauvais » écrivait (déjà) saint Paul aux Éphésiens. Des jours mauvais … Aujourd’hui, on pourrait le dire aussi : on entend partout des bruits de guerre, il y a le terrorisme, les chrétiens sont persécutés dans bien des pays, ceux d’Orient sont condamnés à fuir, ceux d’Occident sont confrontés à une laïcité qui, parfois, dépasse ses propres repères. Et puis les églises se vident … Avant,  nos églises étaient pleines, mais les cœurs étaient souvent vides, ne vaut-il pas mieux des cœurs pleins, même s’ils sont moins nombreux s’interrogeait le père Alexandre Men pour qui – et c’est le titre d’un de ses livres – le christianisme ne fait que commencer.
Et c’est encore un des fruits de l’Esprit : cette espérance qui nous fait espérer au-delà de tout espoir et qui fera que, malgré tout et peut-être aussi parfois malgré nous, nous puissions nous conduire « en fils de lumière ».



Site web réalisé par Arnaud Simonis