1er dimanche après Pentecôte – 2015 - Tous les Saints - He 11, 33-40 – 12, 1-2 – Mt 10, 32-33 - 37-38 – 19, 27-30

« Courons avec persévérance l'épreuve qui nous est proposée, ayant les regards sur Jésus, qui est à l'origine de notre foi et qui la mène à son ultime perfection. » Telle est la dernière phrase, en forme d’invitation, de l’extrait de l’épître que nous venons d’entendre.
Et, comme en écho, ces premiers mots de l’évangile de Matthieu qui cite Jésus : « Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, à mon tour, je me déclarerai pour lui devant mon Père » et plus loin : « qui ne prend pas sa croix et ne vient à ma suite n’est pas digne de moi ». L’invitation devient exigeante, appelle un don total.
Impossible ? Non. Ceux dont nous célébrons aujourd’hui la fête, tous les saints, en premier lieu la Mère de Dieu, la toujours vierge Marie (comme nous le clamons durant la liturgie) tous les saints donc en sont les exemples, en sont les témoins.
Nous portons le nom d’un de ceux-là. Ils sont dans la lumière, devant la face de Dieu. Ils intercèdent pour nous, ils nous protègent, ils nous écoutent lorsque nous les prions. Leur nom est notre nom de chrétiens. C’est pourquoi on ne baptise jamais un enfant d’un nom qui ne soit pas orthodoxe, c’est-à-dire qui n’aurait pas de saint patron. Mais cela nous donne une responsabilité, je dirais même une obligation : celle de ne pas salir leur nom.
La sainteté est la réponse, la seule réponse valable de l’homme à l’amour de Dieu. Mais la sainteté est aussi don de Dieu, action de l’Esprit Saint. C’est pourquoi, en ce premier dimanche après Pentecôte, nous célébrons notre Toussaint.
Mais la sainteté, d’une certaine façon, se transmet pour nous transformer, pour nous déifier. Les saints sont porteurs de cette sainteté. Certains sont connus parce qu’ils ont été reconnus par l’Église, ils ont été canonisés. Mais combien d’autres, beaucoup d’autres – et ils sont sans doute bien plus nombreux – sont des saints que l’on pourrait dire anonymes (si leur nom n’était pas connu de Dieu), des saints de tous les jours (que nous croisons peut-être sans nous en rendre compte).
Il y a bien sûr les saints de l’Ancienne Alliance (Ancien Testament) dont parle longuement saint Paul dans sa lettre aux Hébreux. Il y a les martyrs, ceux des premiers siècles dont le nom figure dans nos calendriers, ceux d’hier, ceux d’aujourd’hui … Ils sont d’abord des témoins de la foi pour laquelle ils ont tout laissé, tout perdu, jusque parfois même la vie.
Lorsque nous célébrons la Divine Liturgie, nous sommes un avec tous ces saints, y compris les anges, parce que nous célébrons la même louange de Dieu, au-delà du temps, au-delà de l’espace. Lorsque nous communions au corps et au sang du Christ, réellement présent sous la forme du pain et du vin, nous participons pleinement à cette union – qu’ils soient un comme toi et moi, Père, nous sommes un – cette union avec Dieu, en Jésus-Christ.
Pour cela, il nous faut confesser le Christ devant les hommes, pour cela, il nous faut prendre notre croix. Prendre sa croix n’est pas nécessairement connaître le martyre, prendre sa croix, n’est-ce pas d’abord se détourner de tout ce qui a entraîné la crucifixion du Christ : la haine, l’incompréhension, le rejet. La religion aussi : les scribes, les docteurs de la Loi, les Pharisiens mettaient le rituel, les règles, les coutumes parfois, avant la vie, ils mettaient le sabbat au-dessus de l’homme.
Notre vie, notre attitude, notre témoignage sera notre réponse, faite de reconnaissance et de bonne volonté, notre réponse à l’amour de Dieu qui, à son tour, nous donnera la force de mener cette vie et le pouvoir de grandir en Jésus Christ.
C’est ainsi que « nous donc aussi, puisque nous sommes environnés d'une si grande nuée de témoins, rejetons tout fardeau, et d'abord le péché qui nous entrave si facilement, et courons avec persévérance l'épreuve qui nous est proposée, ayant les regards sur Jésus, qui est à l'origine de notre foi et qui la mène à son ultime perfection ».



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