2e dimanche après Pentecôte – 2015 - Mt 4, 18-23

Au monastère saint Hilaire à Uchon

« Venez à ma suite et je vous ferai pêcheurs d’hommes ». L’invitation se concrétisera bien plus tard par cet envoi de Jésus qui constitue d’ailleurs les dernières lignes de l’évangile de Matthieu : « allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit ».
Ce qui peut paraître comme une expression de bon aloi voire un jeu de mots est en fait une mission annoncée. Mais, on n’en est pas encore là. Avant cela, il y aura eu tous ces événements que l’on connaît et que nous célébrons tout au long de notre année liturgique, il y aura eu tout cet enseignement que Jésus va donner, proclamant aux foules la Bonne Nouvelle, explicitant les choses en privé à ceux qui deviendront ses apôtres, à ceux qui vont recevoir « la grâce d’en haut », l’Esprit de vérité qui éclaire tout.
Simon-Pierre et André, Jacques et Jean, Jésus appelle ses premiers disciples. « Venez à ma suite ». C’est Jésus qui invite, c’est Dieu qui prend l’initiative ; il laisse à l’homme la liberté de répondre. Bien sûr, les foules suivront Jésus, pour l’écouter, pour se faire guérir ou manger ce pain qu’il distribue après l’avoir multiplié. Mais ici, l’appel est personnel et le suivre implique de profonds changements dans la vie. Pierre et André laissent là leurs filets, Jacques et Jean quittent leur barque et leur père. Ils abandonnent leurs outils de travail, ils laissent aussi leurs proches. Aujourd’hui, nous pourrions appeler ça une vocation. Une vocation qui pousse à tout abandonner. Tout ? Pour certains oui : les moines, les ermites … Pour d’autres non, ceux qui sont appelés à témoigner de l’Évangile dans une famille, dans le monde …
Mais suivre Jésus postule toujours un abandon, un sacrifice. Celui d’un certain type de vie, celui de certaines soi-disant valeurs, celui aussi – et c’est peut-être parfois le plus difficile – de certaines idées.
Nous vivons dans un monde où on veut tout expliquer, démontrer, prouver. Y compris Dieu. Sûrement que, à la place de Jésus, nous, aujourd’hui, au lieu de choisir de modestes travailleurs, nous nous adresserions à des docteurs en théologie pour prêcher la Bonne Nouvelle. Jésus, non. « Béni sois-tu, ô Christ notre Dieu, toi qui fis descendre le Saint Esprit sur tes Apôtres, transformant par ta sagesse de simples pêcheurs en pêcheurs d’hommes, dont les filets prendront le monde entier. Seigneur, ami des hommes, gloire à toi » chantons-nous lors de la fête de Pentecôte. Mais nous lisons, nous étudions, nous analysons, nous mettons en doute, nous avons besoin de voir pour croire.
Certes, avant de devenir pêcheurs d’hommes, les disciples ont reçu eux aussi un enseignement de Jésus. Mais si le Christ allait « enseignant dans les synagogues, proclamant la bonne nouvelle du royaume », il agissait aussi : « guérissant le peuple de toute maladie et de toute infirmité ».
Nous avons besoin, nous aussi, de cet enseignement que nous trouvons aujourd’hui dans nos livres, nous en avons besoin pour nourrir notre foi, pour éclairer notre chemin. Nous avons aussi besoin de guérison, de guérison spirituelle, de guérison de nos égoïsmes, de nos faiblesses, de nos jugements tout faits.
Nous ne devons jamais oublier que ce n’est pas la connaissance qui fera de nous des disciples de Jésus-Christ, mais c’est la grâce de Dieu. Notre recherche ne doit pas être une soif de savoir mais une quête de l’Esprit saint.
C’est lui qui pourra faire des pêcheurs d’idées et de mots que nous sommes des pêcheurs d’hommes pour la gloire de Dieu et le salut du monde.



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