19e dimanche après la Pentecôte – 2015 - Lc 6, 31-36

A De Mot

« Montrez-vous donc miséricordieux, comme l’est aussi votre Père des cieux. » Jésus vient de délivrer un message fort : aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous persécutent. C’est sans conteste une des grandes nouveautés de l’enseignement de Jésus : celui d’un amour sans limite. Un amour dont le Père est à la fois le modèle et le donateur. Car comment, si ce n’est inspiré de l’amour même de Dieu, comment pourrions-nous, sur la base de nos seuls sentiments humains, comment pourrions-nous tenter de respecter ce précepte que Jésus lui-même a pu vivre jusqu’à la Croix ?

Montrez-vous miséricordieux, comme l’est votre Père des cieux, dit Jésus. En effet, tout au long de sa vie parmi les hommes, durant ces jours, ces années où il a prêché aux foules, où il a enseigné ses disciples, Jésus n’a eu de cesse de nous parler de ce Père. Comme un émissaire qui serait allé dans ce pays lointain pour en ramener le fils prodigue, il nous a ramenés vers le Père et lorsqu’on lui demande comment prier, il nous dit simplement de nous adresser à Dieu en lui disant : notre Père.

Jésus-Christ nous a donné un Père. Un Père aimant, un père miséricordieux. Rien à voir avec la soif de sacrifices des idoles et combien différent même du Dieu de l’Ancienne alliance qui se montrait parfois dur et exigeant avec son peuple, comme un père peut l’être lorsqu’il essaye d’éduquer ses enfants … Ce Père est amour et ce Père est la Vie. La Vie éternelle. « Or la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ » dira Jésus dans sa grande prière sur les disciples (Jn 17, 3).

Jésus-Christ nous a aussi donné une mère. Au moment le plus dramatique, alors qu’il allait mourir sur la croix, « Voyant ainsi sa mère et près d’elle le disciple qu’il aimait, Jésus dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. »  Il dit ensuite au disciple : « Voici ta mère. » (Jn 19, 26-27). Le mot « femme » employé ici dans cette adresse à Marie, comme il le fut lors des noces de Cana, ne fait rien d’autre que de situer la Mère de Dieu dans l’histoire du salut, et, à travers ce disciple, Marie devient une Mère pour tous ceux qui croiront en Jésus-Christ. Et l’attitude de Marie aux noces de Cana nous avait ouvert sur une espérance sans bornes : ce que nous demandons par elle, même si c’est humainement impossible, nous sera accordé.
Et c’est la protection de cette mère une nous célébrerons mercredi. Une mère de miséricorde, une mère de tendresse. Ce n’est pas simplement ce geste d’affection que Jésus lui-même évoquait lorsqu’il s’adressait à Jérusalem en disant : « que de fois j’ai voulu rassembler tes enfants comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes » (Mt 23, 37), ce que nous transmet la Mère de Dieu, elle qui a accompli dans sa vie, dans son corps, le destin qui est celui de l’humanité sauvée en Jésus-Christ, c’est cette tendresse, cette miséricorde, cette grâce de Dieu lui-même. C’est de cette protection qu’elle nous assure aujourd’hui.

Le Père, notre Père, nous aime d’un amour paternel, la Mère de Dieu, notre Mère, nous aime d’un amour maternel. Et cela nous donne dans notre relation avec Dieu lui-même une part de tendresse qui parle à tous, qui parle au cœur et qui s’inscrit dans le plus profond de l’âme, par la grâce de Dieu.



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