21e dimanche après Pentecôte – 2015 - Lc 8, 5-15

« La semence, c’est la Parole de Dieu ». Une parole créatrice, une parole de vie. Par le Verbe, tout a été fait. Par sa Parole, le Christ guérit les malades, fait parler les muets, marcher les paralytiques. « Jeune homme, lève-toi » « Lazare, sors dehors ». Par sa Parole, Jésus ressuscite le fils de la veuve de Naïm, il rappelle à la vie son ami. Et pourtant …
Et pourtant, en écoutant cette histoire du semeur, il apparaît que la Parole – aussi forte qu’elle soit – ne donne pas les mêmes résultats partout où elle est proclamée, cela dépend de l’endroit où, comme les grains, elle est tombée.
Lorsqu’il parle aux foules, Jésus s’exprime en paraboles. Il enseigne à ses disciples. Plutôt, aux douze, ceux qu’il a institué comme apôtres. Parce que c’est à eux qu’il reviendra de porter la parole aux quatre coins du monde. « A vous, leur dit-il, il est donné de connaître les mystères du royaume de Dieu ; mais pour les autres, c’est en paraboles, pour qu’ils voient sans voir et qu’ils entendent sans comprendre ».
Ces mystères du royaume sont-ils donc réservés à quelques-uns ? La Vérité est-elle donc le fait de quelques initiés comme dans les sectes ou la franc-maçonnerie ? Certes non. Alors ?
Alors, Jésus parle aux foules en paraboles parce qu’il leur parle un langage qu’ils connaissent ; il leur parle de choses qui leur sont quotidiennes. Ainsi, cette manière de semer – et que nous, aujourd’hui, nous interprétons comme l’image d’une Parole donnée en abondance, sans compter et partout répandue – cette manière de semer, donc, était pratique courante à l’époque : on jetait le grain et on labourait après …
Jésus parle en paraboles parce que chacun doit s’y retrouver, se sentir concerné d’une manière ou d’une autre, y retrouver son propre cas. Mais cela n’est pas seulement affaire de mots. « On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux » disait le renard au Petit Prince de Saint-Exupéry.
Ce qui s’exprime ainsi poétiquement est une profonde réalité spirituelle. Ne disons-nous pas – avec les Pères et singulièrement ceux que l’on rattache à la pensée hésychaste – que c’est dans le cœur que l’intellect, (l’intelligence, la raison) trouve sa vérité ?  Ceux qui ne laisseront pas la Parole toucher leur cœur, ceux-là verront sans voir et entendront sans comprendre.
La semence est la Parole de Dieu et la terre est le cœur des hommes, notre cœur. Ainsi, nous pouvons, à notre tour, écouter la parabole et nous demander où se trouve notre cœur : au bord du chemin ou sur la pierre ? Nous examiner afin de voir si « les soucis, les richesses ou les plaisirs de la vie » ne sont pas comme les épines qui étouffent la Parole de Dieu qui a été semée en nous.
Ah ! Que nous aimerions pouvoir dire que nous sommes la bonne terre ! Que notre cœur est loyal et bon et qu’ainsi, nous portions du fruit, même si ce n’est pas au centuple.
Mais cela n’est possible qu’à force de persévérance. De persévérance et d’amour, de don et d’oubli de soi mais d’abord de disponibilité, d’ouverture à la Parole, d’acceptation de la Parole. Afin que la Parole vive en nous et que nous vivions de la Parole. Afin que nous vivions en Christ et que le Christ vive en nous, par la grâce de l’Esprit Saint.



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