25e dimanche après Pentecôte – 2015 - Lc 10, 25-37

Ce passage de l’Evangile, on le connaît bien. Et à la question de Jésus : lequel semble avoir été le prochain de celui qui était tombé aux mains des brigands? Nous répondrions comme le docteur de la loi : le Samaritain.

En effet, le prochain c’est bien celui qui s’est approché. Les deux autres sont restés à distance, ils sont restés des «lointains» au lieu d’être des «prochains».

Cela dit, pour bien comprendre toute la portée de ce que nous venons d’entendre, il faut d’abord se reporter au temps de Jésus, au moment où ce docteur de la loi l’interpelle.

En lisant l’ancien testament (L’Exode, le Lévitique) c’est clair : le prochain, c’est celui qui fait partie du peuple juif. Or que fait Jésus dans sa parabole ? Il introduit un Samaritain, un non-juif, un païen !

Du coup, le docteur de la loi est amené d’une façon magistrale à dire ce qu’il ne voulait pas et il doit bien avouer : le prochain c’est ici le Samaritain, celui qu’on considérait plutôt comme un ennemi.

Pourquoi ? Parce que Jésus veut d’abord montrer qu’il ne s’agit pas d’une affaire de peuple, de race …

Lorsque Jésus dit « Va, et toi, fais de même » il veut dire à celui qui l’interroge : tu veux avoir la vie éternelle en suivant la loi ? Et bien, va mettre en pratique ces deux commandements : aime Dieu plus que tout et aime ton prochain comme toi-même,  ton prochain : juif ou samaritain. Et cela c’est déjà la grande nouveauté de l’enseignement de Jésus.

Mais il y a, bien sûr, autre chose.

C’est qu’on peut voir dans le voyageur battu, incapable de se soigner, et allant à une mort certaine, le docteur de la loi lui-même, blessé par le péché et inconscient qu’il est en train de mourir spirituellement. Le péché l’a rendu sans force et aux hommes c’est impossible de se sauver par eux-mêmes, même en respectant la loi, mais pour Dieu cela est possible.
 
Le prêtre ou le lévite qui passent à côté de lui,  voient dans quel état il est, mais ils ne peuvent lui venir en aide. C’est pour cela qu’ils continuent leur chemin, dans leurs certitudes, leurs affirmations. Sinon ils en viendraient à se poser la question : à quoi ça sert de pratiquer une religion qui ne peut pas sauver, ni apporter la vie éternelle?

Cela ne servait à rien à ces deux religieux de s’émouvoir puisqu’ils ne pouvaient rien faire pour l’homme, ils ne pouvaient pas donner ce qu’ils n’avaient pas. C’est pourquoi Jésus ne porte pas de jugement sur eux.

Tandis que Jésus, lui, qui est bien sûr le bon Samaritain, le médecin qui est venu soigner et guérir les malades spirituels, le sauveur de ceux qui sont perdus comme ce docteur de la loi,  Jésus, lui, le voit, il prend le temps de s’arrêter, il est ému de compassion. Jésus se penche vers lui et lui tend la main, il est prêt à l’aider. Il répand sur lui, l’huile et le vin – qui sont deux images du Saint Esprit dans la Bible – pour soigner les blessures dans son coeur.

Par cette parabole Jésus veut non seulement faire prendre conscience au docteur de la loi qui est son prochain mais il veut aussi lui faire réaliser qu’il est comme cet homme battu et que lui, Jésus, est le seul qui peut lui venir en aide. A-t-il saisi ce message? Le texte ne nous le dit pas.

Mais nous, avons-nous saisi ce message? Nous aussi, nous sommes comme ce voyageur battu par le péché et laissés pour mort, et Jésus a été pour nous notre prochain, notre «samaritain» qui nous a redonné la vie.

Le voyageur battu en est venu à aimer ce Samaritain parce que celui-ci l’a aimé en premier, il lui a prouvé son amour par un acte bien précis, il lui a sauvé la vie. De même, le docteur de la loi pourra se mettre à aimer Jésus comme lui-même, comme son prochain seulement s’il réalise que Jésus est ce Samaritain qui seul peut et veut le sauver.

C’est seulement quand on en vient à croire à l’amour de Dieu, manifesté par Jésus-Christ qu’on peut se mettre à aimer le Seigneur, notre Dieu, de tout notre coeur, de toute notre âme, de toute notre force, et de toute notre pensée, et notre prochain comme nous-même. Et que nous pouvons à notre tour, nous comporter comme un prochain pour les autres, pour nos frères chrétiens, tous nos frères chrétiens mais aussi pour tous ceux que le Seigneur a mis sur notre chemin et qui sont blessés par la vie, blessés par le doute, affaiblis spirituellement.

Et nous, nous n’aurons pas à détourner le regard, à passer notre chemin, car nous, nous avons la réponse à leurs interrogations : nous avons, en Jésus, le chemin de la vie.



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