Dimanche avant Théophanie – 2016 - 70 Apôtres - Mc 1, 1-8 – Lc 10, 1-15

Le commencement de l’évangile de Marc que nous venons d’entendre (en slavon) introduit dans notre temps liturgique un personnage (au destin aussi tragique) qui jouera un rôle essentiel dans la fête que nous nous préparons à célébrer : Jean le Baptiste, que l’on appelle aussi le précurseur puisque – comme le dit l’écriture – c’est lui qui a va ouvrir le chemin du Seigneur.
Mais ce temps liturgique, c’est aussi un calendrier : celui des fêtes, celui qui, jour après jour, nous invite à faire mémoire d’un saint, martyr, évêque, Père de l’Église … et aujourd’hui, de ceux qu’on appelle parfois « les septante » et dont nous parle l’extrait que nous venons de lire (en français).
Et on a parfois tendance à les oublier. On parle des douze, de la foule, on évoque d’une manière large « les disciples ». Et voilà que saint Luc nous explique que, non seulement Jésus en a choisis mais qu’il leur a donné une mission.
On pourrait bien sûr parler longuement des chiffres : 12 ou 70 sont symboliques, et sans doute étaient-ils évocateurs pour les contemporains de Jésus ou les premières communautés chrétiennes. Mais bien sûr, ce n’est pas là l’important. Il y a 2 aussi. Jésus les envoie deux par deux. Vous allez me dire, c’est comme les témoins de Jehova. Ou comme les Alcooliques Anonymes quand ils vont trouver quelqu’un qui est prisonnier de l’alcool. Parce que, à deux, on est plus aptes à trouver la bonne parole à dire, parce qu’on se soutient aussi. Et puis, et peut-être surtout, parce que Jésus a promis : là ou deux ou trois seront réunis en mon nom, je serai au milieu d’eux.
On pourrait dire aussi que les douze constituent le cercle rapproché de Jésus, ceux qu’il enseigne d’une façon particulière, ceux qui recevront l’Esprit saint, ceux qui seront envoyés porter l’Évangile jusqu’aux limites du monde (le monde connu de l’époque, sans doute), ceux qui, après la résurrection, seront chargés de baptiser au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, apprenant aux hommes ce que Jésus leur a prescrit.
Les septante, eux, sont comme les colporteurs de la parole, ou les laboureurs qui travaillent la terre avant les semailles. Ils sont envoyés dans toutes les villes et localités où lui-même, Jésus, devait aller. Ils seront, en quelque sorte, eux aussi des précurseurs qui prépareront le chemin du Seigneur.
Tout cela, aujourd’hui, c’est de l’histoire. Sauf que, si Jésus-Christ n’est plus sur la terre, il est encore parmi nous, dans notre assemblée ecclésiale, dans l’eucharistie. Il est en nous par l’onction de l’Esprit, par le baptême. Les rôles n’ont pas changé.
Certains, aujourd’hui encore, sont comme des apôtres, d’autres comme des précurseurs, d’autres des témoins, d’autres encore, des martyrs. « Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups » disait Jésus à ses disciples. S’il n’y a plus de loups dans nos forêts, il y a encore des adversaires, voire des tueurs. Les armes ont changé, ce n’est plus le glaive, mais parfois le crayon, les discours ou la politique.
Pourtant la moisson reste abondante et les ouvriers peu nombreux. S’il nous revient de prier pour que le maître de la moisson envoie des ouvriers pour sa moisson, il nous revient aussi de prendre la part du travail qui nous revient. Quant à nous envoyer dans les villes, ce n’est pas nécessaire : nous y sommes déjà.
Mais que ce soit les douze ou que ce soit les septante, c’est Jésus qui les a choisis. Nous sommes fiers de dire – par exemple – que nous élisons nos archevêques. Mais pour ça, nous avons besoin de faire des statuts, de rédiger des règlements et de poser des conditions. Nous disons : je veux être ceci, je voudrais être cela … en oubliant que c’est toujours Dieu qui choisit et que, s’il en est autrement, si nous refusons les choix du Seigneur, les choses peuvent mal tourner
C’est Dieu qui choisit, qui peut mettre en nous des vocations, qui peut nous appeler. Pourquoi moi ? Je ne sais. Pourquoi pas moi ? Je ne sais pas non plus. Peut-être parce que je n’ai pas entendu, pas voulu entendre l’appel. Peut-être parce que je n’ai pas vu, pas voulu voir ou pas accepté de qui m’était demandé.
Et Jésus continue de nous dire «La moisson est grande, mais il y a peu d'ouvriers. Priez donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers dans sa moisson. Allez-y!  Mais sachez que Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups.



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