Sainte Rencontre – 2016

à Banneux

On peut, du point de vue spirituel, bien sûr, inscrire la célébration de cette grande fête de la Sainte Rencontre dans la lignée de celles que nous avons vécues ces dernières semaines.

Noël. Dieu se fait homme. Cette nouvelle bouleversante est annoncée doublement : par les anges et par une étoile. Les anges s’adressent à des gens du peuple, pas à de hauts personnages, pas à des dignitaires civils ou religieux, mais à des « petites gens ». « Un sauveur nous est né ». L’étoile va guider les mages, ces savants qui ont trouvé dans les astres le signe d’un grand événement. C’est donc dans ce cas – et c’est intéressant, même par rapport aux démarches que l’on peut avoir aujourd’hui – c’est donc par la science qu’ils ont été amenés vers l’Enfant Dieu. Et les mages, comme les bergers, en confiance, prennent la route de Bethléem.
Théophanie. Jésus vient sur les bords du Jourdain pour être baptisé par Jean. Si, à Noël, la filiation divine de Jésus est annoncée à quelques uns, ici, elle va éclater au grand jour et aux yeux de tous ceux qui sont là pour entendre la prédication du Baptiste. C’est la voix du Père qui le proclame, c’est l’Esprit sous forme de colombe qui le confirme.

Aujourd’hui, Jésus est présenté au temple. Cette fois, tout se passe dans une sorte d’intimité toute particulière, même si, sans doute, il y a foule autour d’eux, mais cette foule est étrangère à ce qui se passe. Il y a Marie, Joseph, Jésus bien sûr, Siméon et puis viendra Anne. Siméon va reconnaître Jésus comme le Christ, mais cette reconnaissance restera cachée jusqu’à ce que s’accomplisse la mission de Jésus. Lui-même n’a-t-il pas répété souvent à ses disciples de n’en rien dire à personne ? Dans le Temple, il y a une rencontre, personnelle, forte, révélatrice. C’est toute la différence entre Siméon et la foule qui l’entoure.

Mais ce qui est le point commun de ces trois événements, c’est la profonde humilité de ce Dieu qui s’incarne dans un petit enfant et qui vient au monde dans des conditions matérielles pénibles, de ce Christ qui vient, baissant la tête devant un humain, demander le baptême de Jean, de cette famille qui, respectant les préceptes de la Loi de Moïse, vient présenter l’enfant au Temple en offrant un modeste présent.

Car il y a Jésus, mais il y a aussi sa Mère. Marie qui, dans la grotte de la Nativité, garde tous ces événements dans son cœur, comme l’écrit saint Luc dans son évangile. Marie qui, aujourd’hui, porte l’enfant, le dépose dans les bras du vieillard Siméon.

Cette fête de la Sainte Rencontre est – d’un point de vue liturgique – un peu spéciale : c’est à la fois une fête du Seigneur et une fête de la Mère de Dieu. Marie s’entendra dire cette phrase terrible : « jusqu’en ton âme passera le tranchant de l’épée, ainsi de bien de cœurs se dévoileront les pensées ». La douleur que va connaître Marie voyant son Fils sur la croix ne sera pas simplement la douleur d’une mère regardant son enfant supplicié, c’est une douleur révélatrice, une participation réelle à la passion puis à la résurrection. Marie sera le premier être humain à vivre jusqu’à son accomplissement ce qui sera pour tous les hommes la voie du salut et que les Pères ont exprimée en cette phrase : Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu.
Ne disons-nous pas de la Mère de Dieu qu’elle est « plus vénérable que les chérubins et incomparablement plus glorieuse que les séraphins » ?

En parlant en termes un peu familiers, on pourrait dire que Jésus est vrai Dieu par son père et vrai homme par sa mère ; mais que la fête d’aujourd’hui montre clairement que Marie n’était pas seulement une « mère porteuse ». Elle n’a pas été simplement une sorte d’instrument dont s’est servi Dieu pour s’incarner, elle a un rôle, réservé certes mais actif dans la mission de son Fils.

Si le Christ vit en nous, si sa Parole « s’incarne » en nous, nous devenons à notre tour des enfants de Dieu. Marie devient notre mère, notre refuge, notre consolation. Mais pour cela, il faut qu’il y ait rencontre, cette rencontre avec le Christ Jésus, cette reconnaissance de notre part qu’Il est notre sauveur, celui que nous interpellerons dans notre prière de carême en disant : « Seigneur et Maître de ma vie ».

S’il est vraiment Seigneur et maître de notre vie, nous pourrons alors, en bons serviteurs, aller en paix. Non pas vers la mort, comme peuvent le laisser entendre les paroles du vieillard Siméon, mais vers la vie, la vie en Christ, ici, maintenant. Jusqu’à la vie éternelle en la communion du Seigneur, ami des hommes.



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