Annonciation 2016

Au milieu de l’église, l’icône de la fête que nous célébrons aujourd’hui. Une fête qui est comme un rayon de lumineuse joie dans ce temps de radieuse tristesse du carême : l’annonciation faite à Marie de la venue sur terre, dans notre chair, du Fils de Dieu.
Au milieu de l’église, la croix, que nous vénérons depuis dimanche, le troisième dimanche du carême. C’est comme un raccourci de l’incarnation du Fils de Dieu : de l’annonce de la naissance au sacrifice du Golgotha. Mais avec, comme en point de mire, la victoire sur la mort, la Résurrection qui nous donne la Vie.
Car l’Annonciation est bien, comme le dit le tropaire de la fête « l’aurore de notre salut » et le oui confiant de Marie la réponse essentielle à la parole de l’ange. Comme notre oui confiant reste pour nous la réponse essentielle à l’appel du Christ afin que sa parole – d’une certaine façon – s’incarne aussi en nous.
Quelques phrases qui vont changer le monde, quelques phrases qui vont donner au monde la joie et la paix de celui qui va mourir pour nous, par amour, mourir et ressusciter, nous ouvrant ainsi les portes de la vie éternelle ; quelques mots qui changent tout : « qu’il advienne selon ta parole ».
Quelques paroles à l’ange, mais le silence sur le Golgotha. Marie est là, elle souffre mais ne dit rien. Que dire devant pareille mort ? Mais il n’y a point de Pâques sans cette descente aux enfers, librement consentie.
En acceptant de porter en elle le Fils de Dieu, Marie a permis l’incarnation, elle a – en quelque sorte – donné une vie humaine à la deuxième personne de la Trinité. En acceptant de mourir sur la croix, le Fils de Dieu a donné à la vie humaine une autre dimension : celle de pouvoir devenir fils de Dieu.
Mais, aujourd’hui, à cette étape de notre carême, nous sommes dans cette attitude de Marie qui est restée là auprès de la Croix, sans avoir rien à dire Rester là, comme en attente, non pas en espérant mais dans la certitude que, derrière ces moments qu’il nous est donné de vivre, il y a cette lumière, il y a cette victoire, encore cachée, et même si elle reste toujours incompréhensible.
Comme était incompréhensible pour Marie cette naissance annoncée. « Comment pourrai-je concevoir puisque je ne connais point d’homme » ? Mais on sait la réponse de l’Ange : Marie concevra de l’Esprit Saint. C’est donc l’annonce pour Marie d’une sorte de Pentecôte personnelle puisque là aussi, l’Esprit Saint est descendu sur des hommes.
Le Christ est né de Marie comme l’Église s’est formée avec les apôtres : par la venue, le don, de l’Esprit Saint. Ce don que nous ne cessons de demander : « viens et fais ta demeure en nous ». Car c’est par l’Esprit que, en nous, Dieu pourra s’incarner, et que nos paroles humaines seront comme les porte-voix de Sa Parole, une parole d’amour, une parole d’espérance, une parole de paix.
Mais nous vivons des temps troublés. Et parfois, une parole peut se révéler dangereuse, en tout cas, provoquer des réactions, au mieux de raillerie, au pire de brutalité, toujours de violence. Mais il en est qui ferment les yeux sur les risques tandis que d’autres ferment leur cœur à l’espoir.
« N’ayez pas peur ». Cette parole de Jésus si souvent répétée aux disciples doit nous être le réconfort aujourd’hui. « Ne craignez point » dit-il aux femmes après sa résurrection. Marie, elle, n’a pas eu peur, elle n’a pas frémi de crainte à la parole de l’ange, parce qu’il y avait dans son cœur le sentiment qui change tout, le sentiment qui permet tout : la confiance, la confiance en Dieu.
«  Seigneur, penche ton regard sur tes serviteurs et sur ton héritage » demande la prière d’inclination des vêpres « Ils n’attendent pas le secours des hommes mais comptent sur ta miséricorde et espèrent ton salut ».
Le salut annoncé aujourd’hui, le salut promis, le salut donné. À nous de l’accepter, d’en témoigner, de le partager, en Christ, par l’Esprit, pour la gloire de Dieu et « qu’il nous soit fait selon Sa parole ».



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