Dimanche des myrophores – 2016 - Act 6, 1-7 – Mc 15, 43-16, 8

Les femmes qui vont au tombeau, que l’Eglise commémore aujourd’hui sous le nom de myrophores, c’est-à-dire porteuses de parfums, ces femmes sont pour nous encore aujourd’hui, l’exemple de la piété, du dévouement, de la fidélité et du courage.

Elles ont été les premières à suivre Jésus. Souvent, c’est elles qui aidaient de leur service ou de leurs ressources, la petite troupe des apôtres.

Elles ont été fidèles dans la reconnaissance, comme Marie de Magdala dont on dit que Jésus avait chassé sept démons et qui s’était aussitôt attachée au Christ.

Elles ont été fidèles dans l’amitié. L’échec apparent de Jésus ne les arrête pas : elles sont au pied de la croix avec Marie et Jean (alors que les autres disciples se tenaient à l’écart), elles n’ont pas peur des moqueries de la foule, elles restent auprès du Seigneur.

Elles veulent continuer leur service jusqu’au bout. Lorsque, le vendredi soir, Joseph descend de la croix le corps de Jésus, il est tard déjà, ce sera bientôt le soir et la toilette du défunt a été faite en hâte. Trop vite à leur goût. Elles veulent ensevelir leur Maître comme il se doit.

Mais le service n’est pas la seule affaire des femmes. Le passage des Actes des apôtres que nous avons entendu raconte comment ils ont désigné les premiers diacres. Aujourd’hui, dans notre église, nous avons un peu tendance à considérer le diacre comme une sorte d’ornement liturgique, un acteur de plus dans les célébrations, ou alors c’est une étape plus ou moins longue vers le sacerdoce, la prêtrise.

Dans le cas d’Etienne et de ses compagnons, il en était tout autrement : leur rôle était de s’occuper des choses matérielles, des veuves, des orphelins, des cas sociaux comme on dirait maintenant, tout en laissant le ministère de la parole et la prière aux apôtres, aux prêtres, si vous voulez. Mais, bien vite, les nouveaux élus vont remplir d’autres fonctions comme prêcher et baptiser.

Dans les deux cas, celui des femmes et celui des diacres, il y a un point commun fondamental, la piété et la foi : ce sont des hommes « remplis de l’Esprit et de sagesse » quant aux femmes, elles ont donné la preuve de leur attachement profond au Christ.

Ainsi donc, les myrophores vont au sépulcre. Elles se posent une question : « qui nous roulera la pierre ? » car le tombeau est fermé par un gros bloc de rocher qu’elles n’auraient pu déplacer elles-mêmes. Elles se posent la question mais elles avancent, en confiance.

Et là, elles seront les premières – aussi – à être témoins de la résurrection. Un événement, un mystère, une chose qui les remplit de frayeur au point qu’elles s’enfuient toutes tremblantes et ne disent rien à personne : elles avaient peur.

Quel enseignement pouvons-nous tirer de tout cela ?

D’abord, que l’engagement au Christ est d’abord et uniquement une affaire de foi et de piété. Qu’il soit le résultat d’une reconnaissance pour une grâce, la réponse à un appel, l’écho d’une parole, l’imitation d’un exemple, l’engagement au Christ n’est vrai que s’il est vécu dans la foi et la prière, en dehors de tout autre considération culturelle ou nationale ou que sais-je.
 
Ensuite, que cet engagement se vit dans la confiance, la confiance en Dieu, l’abandon de soi. A la place des myrophores, sans doute aurions-nous demandé à l’un ou l’autre voisin, à l’un ou l’autre homme fort, de nous accompagner. Non, elles, elles vont en confiance.

Il nous arrive parfois de nous trouver devant une tâche, une chose à laquelle notre engagement de chrétien nous appelle, et de ressentir une grande impuissance : comment pourrai-je faire cela, moi ? Moi, avec mes faibles forces et mes pauvres moyens ?

Avec cela, bien sûr, je n’y parviendrai pas. Mais si Dieu m’appelle à quelque chose, il m’en donnera aussi la force, et les moyens, les mots s’il faut parler, les gestes qui conviennent … Mais, trop souvent, nous ne faisons confiance qu’à nous-mêmes !

Mais il est vrai aussi qu’il nous arrive, comme les myrophores après leur rencontre avec l’ange gardien du tombeau vide, d’avoir peur. D’être pris d’une grande frayeur, et de rester muet, de vouloir peut-être faire demi-tour, prendre un autre chemin : quand on mesure la grandeur du don et de la puissance de Dieu, on ne peut être qu’écrasé.

Pourtant, c’est là que se trouvera notre force. Comme plus tard, les femmes iront dire aux apôtres : il est vivant ! Nous aussi, nous pourrons clamer : « Christ est ressuscité ! » et surtout en tirer le sens que ces mots représentent pour notre vie.



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