Paralytique-2016 - Jn 5, 1-15

Dimanche dernier et le dimanche précédent, l’Evangile évoquait deux événements survenus après la résurrection du Christ : l’apparition aux apôtres et le doute de Thomas, la révélation aux saintes femmes myrophores.

Le récit que nous venons d’entendre, est celui d’un miracle qui remonte aux premiers temps du ministère de Jésus mais que, justement, la résurrection éclaire d’une lumière nouvelle. En fait, pour le dire de façon familière, on comprend mieux !

La guérison opérée par Jésus est spectaculaire : cet homme, paralysé depuis 38 ans – c’est-à-dire depuis très longtemps – voit son handicap enlevé d’une seule parole du Seigneur.

Ce qui est montré ainsi, c’est l’autorité du Sauveur sur la matière, sur le corps humain. Et c’est là que l’on comprend mieux : celui qui peut vaincre la mort dans sa propre chair a tout pouvoir sur la chair humaine.

Ainsi, le récit de la guérison du paralytique trouve-t-il tout naturellement, mais spirituellement, sa place dans le temps pascal.

Cette puissance de Jésus sur la maladie et la mort, autant que sur les péchés, c’est l’enseignement premier de l’Evangile d’aujourd’hui. Et cette puissance, elle lui est propre, personnelle, elle s’exerce dans la rencontre.

C’est le deuxième enseignement de ce récit. D’une part, il y a ce rituel, cet élément qu’on pourrait appeler « institutionnel » de la piscine, le l’eau qui bouillonne, de la descente de l’ange du Seigneur, d’autre part, il y a la rencontre avec Jésus. Sans cette rencontre, le paralytique n’aurait jamais été guéri.

Aujourd’hui, nous avons aussi nos éléments institutionnels : les rites, les sacrements … Ce sont, comme on le dit parfois, les canaux de la grâce et ils opèrent ; ils sont là pour tous, tous les membres de la communauté chrétienne.

Mais, comme le dit le père Lev Gillet en commentant cet évangile, « Si saintes et utiles que soient les institutions ecclésiales, aucune institution n’est, à strictement parler, indispensable, puisque le Seigneur peut, lorsqu’il le juge bon, agir sur les hommes en se passant d’elles ».

Bien sûr, il serait faux de dire qu’on peut donc, nous, s’en passer. Ce sont des moyens qui sont mis à notre disposition, en fonction de nos possibilités plutôt que de nos besoins, de nos propres découvertes plutôt que de nos désirs. Mais il serait aussi impie de nier que la rencontre directe avec le Seigneur est possible.

Rencontrer Jésus n’a rien à voir avec une apparition, c’est une expérience de vie, c’est peut-être un appel, une parole, comme une révélation. Et ça change tout.

Au cours de la liturgie des saints dons présanctifiés, il y a un moment où le prêtre sort par les portes royales, portant le cierge et l’encensoir, il proclame : « La lumière du Christ illumine tout » « Cвet Xpиctoв просвещает свех ». Oui, la lumière du Christ illumine tout d’un jour nouveau. Le Christ renouvelle tout.

Les évangélistes ont voulu démontrer cela : le Christ accomplit la promesse, il fait passer de la Loi au Royaume, de la mort à la Vie.

C’est ce que certains voient dans ce détail qui est donné avec une telle précision : le paralytique était dans cet état depuis 38 ans, c’est le temps des pérégrinations du peuple d’Israël suivant Moïse avant d’arriver au torrent de Zered (Deutéronome) et on peut rapprocher le « Lève-toi et marche » de Jésus à la parole de Yaweh à son peuple « En route et passe les gorges de Zered ».

En route ! Lève-toi et marche. Debout ! Comme nous le sommes durant les offices : la position de l’homme vivant, de l’homme ressuscité, de l’homme en marche.

La rencontre avec le Christ nous met en mouvement, en œuvre pourrait-on dire en jouant un peu sur les mots, parce que, une fois debout, une fois en marche avec Jésus, dans l’Esprit, nous n’avons plus qu’à progresser ; en portant sans doute le grabat de nos erreurs, nos fautes, nos errements passés, mais en avançant dans la vie et la lumière du Christ qui illumine tout, dans les traces du Christ ressuscité. XB !



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