Dimanche de la Samaritaine 2016 - Jn 4, 5-42

Une fois encore, l’Evangile de ce dimanche est un épisode de rencontre, de la rencontre avec Jésus. Dimanche dernier, Jésus allait vers le paralytique. Aujourd’hui, il laisse venir à Lui la Samaritaine.

Il la laisse venir à Lui, mais d’abord, il s’était mis sur son chemin. C’est qu’il arrive – aujourd’hui encore – que Jésus aille au devant des âmes, qu’il se mette sur notre chemin, parce qu’il sait que, livrés à nous-mêmes, nous ne saurons pas où le chercher, ni comment le chercher.

Parfois aussi, il est là, il attend. Il laisse se dérouler le cours normal de notre vie parce qu’il sait que notre chemin passera près de Lui.

Mais Jésus choisit le lieu. Ici, c’est le puits de Jacob. Un endroit qui est chargé de sens pour la femme de Samarie, c’est – pourrait-on dire – un lieu symbolique. Ainsi, Jésus, pour nouer en quelque sorte le contact avec nous, s’insère-t-il volontiers dans nos habitudes, nos coutumes, nos racines, comme s’il voulait se mettre en terrain connu de nous, trouver un terrain commun, un langage commun. Alors, le dialogue peut s’engager.

C’est dans un geste ô combien quotidien de la Samaritaine que Jésus va situer son enseignement : celui de venir puiser de l’eau. Dans notre rencontre avec Jésus, il y a souvent un besoin, un élément matériel de notre vie de tous les jours qui sert de point d’accroche, de point de départ à une réflexion, à un dialogue dans lequel le matériel va conduire au spirituel.

Il en est de même pour nous. Si nous voulons rencontrer un autre homme, une autre femme, c’est d’abord dans les choses de la vie, les plus petites choses de la vie, parfois, que nous pouvons placer notre premier dialogue.

A la Samaritaine, Jésus demande à boire. Il se met dans la situation du quémandeur. C’est la grande humilité de Dieu, celle qui ouvre le cœur, celle qui touche. Jésus demande à boire à la Samaritaine comme il a soif de notre amour, de notre amour humain.

Mais, « si tu savais de don de Dieu » … A la Samaritaine, il parle de l’eau vive, de cette eau qui est la vie, comme il répondra à cet amour que nous pourrons lui donner par un amour immensément plus grand, par un amour infini.

Mais nous, nous cherchons à apaiser notre soif d’amour dans des sensations, des émotions, des images, des idées … et nous avons toujours plus soif, jamais nous ne sommes rassasiés. Notre désir grandit en même temps que ce que nous possédons. « Celui qui boit de cette eau, dit Jésus, de cette eau du puits, de cette eau naturelle, de cette eau de la terre … Celui qui boit de cette eau  aura soif à nouveau ».

Mais celui qui boit de cette eau vive que Jésus nous offre, celui qui se place dans son amour, celui-là « n’aura plus jamais soif » et non seulement, il n’aura plus jamais soif, mais il deviendra une source pour d’autres autour de lui.

Nous sommes dans le temps de Pâques et nous savons, nous, maintenant, ce qui tout cela signifie : le Christ ressuscité, la vraie vie, la vie éternelle, c’est lui. Lui qui nous conduit au Père qui nous enverra l’Esprit.

Et c’est là notre vérité, le sens même de notre vie chrétienne, c’est d'adorer Dieu, en esprit et en vérité. En disant cela, on ne formule pas un dogme, encore moins un rituel, on pose la nécessité d’un effort de tous les jours pour penser et proclamer ce qui est vrai, pour unir notre volonté à celle du Père, pour laisser l’Esprit Saint éclairer et guider notre vie, notre vie en Jésus, le Christ ressuscité. XB !



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