11e dimanche après Pentecôte – 2016 - Mt 18, 23-35

A De Mot

Un mot. Un seul mot donne à la fois la clé et la leçon de cet extrait de l’évangile de Matthieu que nous venons d’entendre : compassion. C‘est parce qu’il a été touché de compassion que le maître relâche le serviteur et lui fait remise de sa dette.
C’est parce qu’il n’a aucune compassion pour son compagnon, que le serviteur est rattrapé et mis en prison.
Ce mot, on le retrouve souvent dans les Évangiles. Soit dans les paraboles (comme le bon Samaritain), soit à propos de Jésus lui-même (c’est par compassion qu’il ressuscite le fils de la veuve de Jaïre).
La compassion, peut-on lire sur Wikipedia, (du latin : cum patior, « je souffre avec » et du grec sym patheia, sympathie) est une vertu par laquelle un individu est porté à percevoir ou ressentir la souffrance d'autrui, et est poussé à y remédier. D'où le besoin de ce mot, ainsi que de celui d'empathie. La compassion revient à ressentir la souffrance de l'autre, animé d'une intention d'amour. Il existe souvent une confusion entre pitié (sentiment) et compassion (vertu). La « miséricorde » ou « commisération » peuvent s'apparenter à la compassion avec une sémantique plus religieuse. Voilà pour le vocabulaire.
Sur le terrain spirituel, nous pourrions y associer l’amour et la charité. Le pardon aussi, comme le fait Jésus lui-même en terminant la parabole : « Ainsi vous traitera mon Père céleste, si chacun de vous ne pardonne à son frère du fond de son cœur. »
C’est ce que nous proclamons – bien souvent d’une façon trop mécanique – « pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés » ou, dans une traduction plus moderne (qui se réfère sans doute plus directement à la parabole qu’on vient d’entendre) « remets-nous nos dettes comme nous les remettons à nos débiteurs. » quand nous récitons le Notre Père.
Mais la leçon de Jésus ne concerne pas (pas seulement) les choses matérielles mais bien ce que nous appelons les péchés, le manque d’amour, de charité, de compassion … qui oppose les hommes, qui les divise, les rend jaloux …
La leçon de Jésus est encore de montrer la bonté de Dieu qui remet une dette de dix mille talents alors que le serviteur devait à l’autre cent deniers. Il importe peu de savoir ce que cela vaudrait aujourd’hui, l’image est assez forte pour qu’on en mesure le sens, qu’on parle en talents et deniers, euros et centimes, roubles ou kopek.
D’ailleurs, le pardon reste un des éléments centraux du discours de Jésus. Dans le récit évangélique, c’est en réponse à une question de Pierre qu’il raconte cette parabole que l’on dit « du débiteur impitoyable ». Pierre vient de demander à Jésus : « Seigneur, combien de fois  mon frère pourra-t-il pécher contre moi et devrai-je lui pardonner ? Irai-je jusqu’à sept fois ? Et Jésus lui a répondu : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à septante-sept fois » avant d’ajouter : « à ce propos, il en va du royaume des cieux comme d’un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs » etc.
L’exemple, mais aussi l’exigence. Celle qui nous est rappelée avec force le dimanche qui précède le Grand Carême : (si bien nommé le dimanche du pardon) « Si vous pardonnez aux hommes leurs manquements, votre Père céleste vous pardonnera aussi ; mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos manquements » (Mt 6, 14-15).
Quant à celui qui agit par la violence, la contrainte, celui-là n’a pas sa place dans le royaume de Dieu. S’il ne se soumet à l’esprit de Dieu, il tombe sous le coup de la loi et il est alors condamné. « Ainsi vous traitera mon Père céleste si chacun de vous ne pardonne à son frère du fond de son cœur. »




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