Nativité de la Mère de Dieu – 2016

À Banneux

On le sait, si l’on veut trouver dans les Écritures, l’évocation d’événements concernant la Mère de Dieu, il ne faut pas chercher dans les écrits canoniques, les textes qui font partie de la Bible dans ses diverses versions, mais dans un texte que l’n dira apocryphe, mais qui tient une place importante dans la Tradition orthodoxe : le protévangile de Jacques.
On peut y lire ces paroles de Joachim : « Je sais maintenant que le Seigneur m'a exaucé et qu'il m'a remis tous mes péchés. » Et il descendit, justifié de la maison du Seigneur et il vint dans sa maison. Anne conçut et le neuvième mois elle enfanta et elle dit à la sage-femme : « Qu'ai-je enfanté? » et l'autre répondit : « Une fille. » Et Anne dit : « Mon âme s'est réjouie à cette heure. » Et Anne allaita son enfant et lui donna le nom de Marie.
Marie, en effet, est née de la volonté de Dieu. Anne, sa mère, était stérile. Comme Jésus naîtra de la volonté du père, sa mère restant vierge. Comme d’autres grandes figures de l’ancien testament seront conçues selon la volonté de Dieu.
La nativité de Marie annonce ce que l’hymnographie chante comme l’aube de notre salut : l’Incarnation du Fils unique de Dieu, le Verbe, qui devait nous délivrer des affres de la mort. En assumant notre nature, le Christ allait participer pleinement à notre condition déchue, hormis le péché: car Lui seul est sans péché, étant Fils de Dieu. C’est pourquoi Dieu Lui avait préparé une naissance immaculée, la très Sainte Vierge Marie, qui, bien qu’elle fût elle-aussi soumise à la mort et au péché originel, fut choisie par Dieu pour être la Mère du Christ Sauveur, la source de notre rédemption et le prototype de toute sainteté chrétienne.
La nativité de Marie d’une mère stérile peut aussi avoir un autre sens : montrer la stérilité de la nature humaine avant la venue du Christ, Dieu ayant laissé Joachim et Anne sans descendance jusqu’à un âge avancé.
Dans notre calendrier liturgique – où l’année commence le 1er septembre – la nativité de la mère de Dieu est la première grande fête que nous célébrons. Parce que c’est le premier événement de l’histoire de notre salut.
Bien sûr, personne ne pourrait dire quand est née cette Marie qui allait devenir de Mère de Dieu. Mais on sait que les Évangiles – et même les écrits apocryphes – ne sont pas des récits historiques au sens où on l’entend aujourd’hui, mais des écrits à vocation que l’on peut dire catéchétique, des mots qui vont au-delà des mots pour nous ouvrir sur une réalité bien plus grande et plus fondamentale : la réalité spirituelle.
Une nouvelle année liturgique recommence. Nous allons donc célébrer les mêmes fêtes, passer les mêmes moments de carême, vivre les mêmes joies de la Résurrection ou de la descente de l’Esprit. Et pourtant, tout cela n’aura rien de répétitif.
L’année aussi, celle qui commence le 1er janvier, n’est qu’une répétition de jours, de semaines, de mois, de saisons … et pourtant, une année n’est pas l’autre. Chaque fois de nouvelles expériences, des rencontres, des événements qui vont nous éprouver, qui vont nous faire mûrir, nous faire évoluer.
Au cours de l’année liturgique, ce sont à la fois les événements – passés et à venir – de notre salut –, promis et assuré mais pas encore advenu – que nous allons revivre et qui vont en quelque sorte enrichir, guider,  approfondir notre développement spirituel.
Certes, c’est bien le Christ qui tient une place centrale dans tout cela, tout comme dans notre vie chrétienne, mais la Mère de Dieu est toujours à ses côtés, à nos côtés. Ici, dans ce sanctuaire, nous l’appelons la Vierge des Pauvres. Ici, dans cette chapelle, nous nous mettons sous sa protection.
Peut-être, pourrions-nous résumer notre attitude en deux prières, deux courtes phrases que nous connaissons bien et que nous devrions prier sans cesse : « Seigneur Jésus-Christ, fils de Dieu, prends pitié de moi, pécheur ; très sainte Mère de Dieu, sauve-nous ».



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