14E DIMANCHE APRES PENTECOTE 2016 - CLÔTURE DE LA NAISSANCE DE LA VIERGE MARIE - DIMANCHE AVANT LA CROIX

Dans notre calendrier liturgique, ce dimanche est tout à fait particulier cette année. En effet, nous célébrons la clôture de la fête de la nativité de la Mère de Dieu mais c’est aussi le dimanche avant la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix, et c’est enfin le 14e dimanche après Pentecôte dont nous lisons l’évangile, celui du festin des noces.

Le 14 septembre, nous célébrions le début de l’année liturgique. Au cours de l’année, nous allons revivre les événements de la vie de Jésus sur terre, les événements de l’histoire de notre salut. Et ce dimanche tout particulier nous donne en quelque sorte un résumé non plus seulement de l’histoire mais aussi de la voie, du chemin du salut.

Du chemin et de l’histoire, nous en avons donc trois éléments qui sont ainsi réunis aujourd’hui : la naissance de la Vierge qui est en quelque sorte le tout début. Marie est en effet un élément majeur de l’œuvre de Rédemption. Nous la chantons « source de la vie » dans le tropaire de la dormition ; dans son tropaire, nous chantions « de toi s’est levé le soleil de justice, le Christ notre Dieu » ; c’est par elle que le Fils de Dieu s’est fait homme. C’est le « oui » de Marie qui a rendu possible l’œuvre de Dieu parmi les hommes.

Au-delà de l’événement même, de ce moment essentiel de l’histoire humaine, tout cela reste pour nous un enseignement fondamental : dans toutes ses œuvres pour les hommes, Dieu a besoin des hommes. Et Dieu n’oblige pas, il invite, il appelle, il demande. Il frappe à la porte. Si on lui ouvre, il entre et partage notre vie. C’est cela le « oui » de Marie : la réponse que Dieu attend de l’homme pour poursuivre son œuvre de salut.

Et le salut passe par la croix : la croix, annonciatrice de la résurrection. La croix du Christ qui nous rachète et qui nous sauve. Celle aussi qu’il nous revient de porter si nous voulons le suivre. Mais cette croix n’est pas une condamnation. « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, pour que tout homme qui croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle » dit l’évangile de Jean, une phrase que le prêtre rappelle durant la liturgie, juste avant de consacrer les Saints Dons. « Car, continue saint Jean, Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour condamner le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. »

Et pour sauver le Monde, le Fils est mort sur la croix. Il est mort et ressuscité et nous a ainsi donné la vie éternelle. C’est cela le prodigieux appel de Dieu qui nous est adressé aujourd’hui. C’est la vie !

Et la lecture de l’évangile de ce dimanche nous montre la bonne attitude à avoir vis-à-vis de Dieu. Dieu nous invite à vivre en Lui comme le roi avait convié au festin de noces. Un récit où l’on comprend facilement ce que Jésus veut dire aux hommes de son temps, à ce peuple d’Israël qui le rejette et se prépare à le livrer aux bourreaux ; un récit qui s’applique encore à nous aujourd’hui.

A nous qui, bien trop souvent, allons « qui à son champ, qui à son commerce » pour reprendre les mots de l’évangile (on pourrait dire qui à son travail qui à ses loisirs) quand on ne rejette pas ceux qui portent le message du Christ, les rejeter ou parfois même les blesser, même avec des mots.

A nous qui, sans doute, serions comme cet invité au festin qui n’avait pas la tenue de noce. La tenue de noce, ici, ce sont la foi, les œuvres de charité, de justice. Lorsque Jésus termine son récit en disant : « beaucoup seront appelés, mais peu seront élus », il ne fait qu’exprimer combien il est difficile de vivre en chrétien, de suivre la volonté de Dieu.

Jamais au grand jamais ces paroles ne signifient que seuls ceux qui seront dans telle ou telle situation, pour ne pas dire dans tel ou tel groupe ou plutôt dans telle ou telle secte seront sauvés. Ceux qui tiennent ce discours ne peuvent se revendiquer, en vérité, du Christ Jésus qui est venu sauver le monde, et pas un groupe.

Le roi qui envoie ses serviteurs aux bords des routes et des chemins, c’est le Christ qui s’adresse à nous, pécheurs, indignes et faibles. C’est nous, comme nous sommes, qui sommes invités, c’est vers nous, comme nous sommes, que Dieu tend la main. A nous de répondre et de nous préparer dans la foi, par les œuvres, à répondre – comme Marie l’avait fait en toute simplicité – oui. Oui, je suis la servante, je suis le serviteur du Seigneur, qu’il me soit fait selon sa parole.



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