Protection de la Mère de Dieu – 2016

À Banneux

La fête que nous célébrons aujourd’hui est une fête exclusivement orthodoxe, absente du calendrier catholique. Mais l’idée même de la protection de la Mère de Dieu, indépendamment de la fête, ne pourra que réjouir le cœur de tous. Si le centre de notre foi, la pierre angulaire de notre Église – corps du Christ – est Jésus-Christ lui-même et Lui seul, la présence, la protection, la tendresse et l’amour de sa Mère sont aussi des éléments fondamentaux pour les chrétiens que nous sommes.
Et si le Christ a dit à ses apôtres, donc à tous ceux qui, après eux, vivront selon « tout ce qu’il leur a appris » : « et voici que je suis avec vous tous les jours » ; si le Christ est présent au sein de nos assemblées, s’il trouve sa demeure en notre âme et notre cœur, la Mère de Dieu est aussi présente réellement dans l’Église – corps du Christ, son Fils - mais aussi dans le monde.
Tout cela, certes, est de l’ordre du mystère, de ce que nous appelons le mystère de la foi : mystère de la naissance du Fils de Dieu fait homme en Marie, mystère de Jésus crucifié et ressuscité, mystère du Christ s’élevant vers son Père, mystère de Marie élevée au ciel lors de sa dormition.
Mais on ne peut prier et célébrer Marie qu’en ayant en mémoire sa vie, son engagement, son humilité et son obéissance. Certes, nous la disons « plus vénérable que les chérubins et incomparablement plus glorieuse que les séraphins », nous commentons qu’elle est le premier être humain à connaître le but de la vie chrétienne : « Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu » (ce qui me fait dire, non sans humour, que le premier homme à connaître cela est une femme)… Mais, en vérité,  on ne peut prier et célébrer Marie qu’en ayant en mémoire sa vie, son engagement, son humilité et son obéissance, c’est cela qui lui a permis d’atteindre cette exceptionnelle proximité de Dieu, dans une union particulière avec Lui, pour vivre cette divino-humanité dont elle est l’icône par excellence.
Lorsque, mourant sur la croix, le Christ dit à Jean, désignant Marie : « Fils voici ta mère – Mère voici ton Fils » c’est à l’homme que Jésus donne une mère, sa propre Mère, celle qui lui a donné la vie dans l’incarnation. Prier Marie, ce n’est donc pas demander à quelqu’un que l’on sentirait plus proche de nous, plus facile à atteindre, en quelque sorte, qu’elle serve d’intercesseur envers son Fils. Nous ne sommes pas devant un tribunal et nous n’avons pas besoin d’un avocat pour nous défendre devant ce que nous appelons dans nos ecténies « le trône redoutable du Christ ». Ça, c’est l’affaire de notre conscience et de la miséricorde divine.
Non, prier Marie, c’est prier Marie. Lui demander ce qu’elle peut nous donner – car l’homme spirituel a aussi besoin de tendresse – demander sa protection, recevoir son amour. Mais aussi la prendre comme exemple, comme guide dans notre propre vie.
Certes, en évoquant l’attitude de Marie, que nous appelons son obéissance – au sens monastique du terme – nous évoquons en premier lieu le « oui » répondu à l’archange Gabriel qui a permis l’incarnation du Fils de Dieu. Mais, une des icônes de cette chapelle – c’est notamment pour cela que j’ai voulu qu’elle soit représentée – est l’exemple le plus fort de cette humilité obéissante de Marie : les noces de Cana. Un exemple qui pourrait presque être familier.
On connaît l’histoire. Marie qui dit à Jésus : ils n’ont plus de vin. Et Jésus qui a cette réponse : « femme, que me veux-tu ? ». Imaginez ! Quelle serait la réaction – disons – normale : ce serait de dire « enfin, c’est conne ça qu’on parle à sa mère ? ». Non, Marie ne dit rien à son Fils, mais bien aux serviteurs : « tout ce qu’il vous dira faites-le ». Témoignage de celle qui laisse toute la place à la décision de Jésus dont elle connaît la mansuétude.
Comme le Christ, son fils Jésus est avec nous, la Vierge est parmi nous. Et il arrive qu’elle se manifeste. À des grands spirituels comme saint Séraphin de Sarov ou à de simples moines ou parfois des enfants, lors de certaines circonstances.
Lorsque la Mère de Dieu est apparue à saint André le fol en Christ et son disciple, le dimanche 1er octobre 909, en l’église des Blachernes, Constantinople était menacée. La Mère de Dieu a étendu son voile au-dessus de l’autel puis de tous ceux qui la priaient, rendant ainsi courage aux chrétiens pour la défense de la ville.
Coïncidence ? La Vierge est apparue pour la première fois, ici à Banneux, à une enfant, nous étions le 15 janvier 1933. Parmi les messages qu’elle délivrera à la petite Mariette Beco : « je suis venue pour soulager toutes les nations ». Quinze jours plus tard, le 31 janvier 1933, Adolph Hitler devenait chancelier. On connaît la suite.
Bien sûr, on peut polémiquer sur tous ces événements. Toujours est-il que la présence et la proximité de la Mère de Dieu est fondamentale pour nous, nous qui, très souvent, résumons notre prière à l’essentiel : « Très sainte Mère de Dieu, sauve-nous »



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